Textes

 

Paroles de l’EP « Pavés de la Dernière Pluie »

 

Enfants de l’écume

 

Dans le ciel trop sombre, vois les oiseaux de fer,

Vers un pays sans ombre, il dirige sa prière,

Lance un dernier regard, dans les yeux de ses frères,

Adieu ou à jamais, cela n’importe guère.

 

Alors cap moussaillon, vers les flots tourmentés,

Ensemble nous allons, gagner la liberté,

Le navire est rempli, et les voiles déchirées,

S’il faut payer le prix, que ma vie soit donnée.

 

Ils ont fait des marées, les plus noires seront nôtres,

Ils ont fait des armées, désarmons tous les vôtres,

Et même dans la tempête, hissons haut le drapeau,

Noir et rouge comme le sang sur tes lèvres marmot,

 

Toi qui quitte ta terre, dans un champ de misère,

Toi qui quitte tes frères, qui sont restés à terre,

Nous les ferons plier, rejoins nous compagnons,

Pour crier tous ensemble dans la même direction.

 

 

Ref :

EEEEHH OOOOOOH…

Enfants de l’écume et bâtards du pétrole

Voyez le drapeau noir dans chaque ombre sur le sol !

(x2)

 

 

Agrippé à ce bout de bois moisi, j’dérive au gré de violents courants.

Je sers un reste de drapeau sali, mais suis-je encore vraiment vivant ?

Les boulets ont abattu les mâts, la grenaille mes compagnons.

Je ne suis plus qu’un souvenir du combat contre les illusions.

 

Ils se repaissent du carnage, se délectent du charnier,

Egorgent le paria et marquent le laquais.

J’n’attends plus qu’les charognards, offrant ma carnation

Mais avant l’abandon m’ont rejoint des visages sans nom…

 

Des migrants du golfe de Lesbos, des Algériens du fond d’la Seine,

Des jeunes glissant dans les ruisseaux et dans la noirceur des ruelles.

Camarades ! Associons tous nos putrides reliquats

Pour bâtir ce galion et hisser le sombre étendard !

 

Toi l’oppresseur qui recharge ta carabine,

Méfie-toi car la proie, patiemment, aiguise ses canines.

Quand la peur de vivre à genoux supplantera celle du trépas

Alors nul ne pourra stopper la tempête qui se prépare

Alors nul ne pourra stopper la tempête qui se prépare…

 

 

Ref :

EEEEHH OOOOOOH…

Enfants de l’écume et bâtards du pétrole

Voyez le drapeau noir dans chaque ombre sur le sol !

(x2)

 

 

Vu qu’leurs sillons sont droits tracés, sans concession s’revendiquant

D’la traque aux exilés, des coups d’matraques aux dissidents,

Nos pavillons seront haut hissés, voiles gonflées, cordages qui craquent.

Nous avancerons la rage serrée, portés par ce vent insomniaque !

 

Sur notre bateau, bien que la cale soit détrempée,

Nous garderons le cap et solidaires sous vos fusées

Moussaillons libres sans capitaine, poings acérés et cris aux lèvres,

Hurlant face aux tempêtes pour faire taire l’écho d’vos sirènes.

 

On ne se voit pas dans une vie au taf et sans trêve !

On préfère affronter l’Kraken qu’une vie fade et sans rêves !

Car le souvenir de votre morale sur nos chimères et nos excès

Attise nos vices et puis nos râles n’en sont que justifiés.

 

De notre côté d’la barricade, de notre côté de l’histoire

Les pourris sont mis à terre quand les œillères tombent dans l’brouillard

Las d’attendre l’étincelle qui dans la mer serait vite noyée

On s’ra notre liberté pour vous bruler sans hésiter

On s’ra notre liberté pour vous bruler sans hésiter !

 

 

 

Louise Michel

 

Intro :

J’traîne les pieds, maussade, dans un énième défilé

Ça ressemble à une merguez party… C’est bon, ok ! J’reste motivé, motivé, motivé…

Encore une cause perdue, cerné, entouré de gens consternants

Oh ça va ! Recto verso, vice et versa si cette version ne te plait pas

Regarde, ya du bleu devant, ya du bleu derrière. « Ah tiens salut »  yen a même à côté de moi

Aller de A à B puis de B à A, c’est le B.A.BA syndical, tout le monde j’rentre chez soi

Mais moi, j’crois, j’crois, j’crois… bah j’croasse des slogans mais bon… j’y crois plus vraiment

D’façon on est des bulots au boulot ou autre mollusque qu’on fait crever en r’serrant l’rang

Bon admettons, j’grossis l’chiffre, bonne conscience, j’rajoute ma brique

Mais bon, demain on s’ra 13 milliards pour les syndics et racine de pi pour les flics.

Ah putain ! Tous ces gobes miettes qui s’font la gueguerre ! Putain moi, ça m’fait gerber

Encore putain ! C’est à qui qu’aura d’bouffer l’blé alors qu’ils oublient qu’ils sont tous boulangers

Cynique à mon âge, vois-tu, ya d’quoi s’marrer ou chialer, au choix

On n’a pas du tout bien m’expliquer et les pissenlits j’les ai entamés du mauvais côté

Ah tiens, ça frétille en début de cortège, ça gigote en s’bousculant

Ça crie, ça chouine, enfin d’l’animation, ça a l’air marrant j’vais faire un tour devant

Woooh ! Barricades enflammées et rues ensablées,

Pluie de lacrymos hurlantes et de pavés volants

Enfin ça sent l’rude militant BAM !

J’ai vu tes yeux, Oh belle… J’suis tombé dedans…

 

Bercé par le chant des sirènes

Entamons notre révolte dansante

Je glisse ma menotte au creux de la tienne

Sur le son des grenades assourdissantes

Les flaques carmin, les reflets vermeils

Peignent le ballet, le tohu-bohu

De ceux qui mettent leur rage en bouteille

Et rajoute au goulot un morceau de tissu

Les chiens de gardes des vautours

Veulent nous déchirer oh ma reine

Irrité, je m’excuse mon amour

Car je sais que mes écarts lacrymaux gênent

 

 

Ref :

Mi Louise, Michel,

Je suis groggy devant sa prestance comme un communard en action

Oh ma belle, oh ma mie

J’t’offrirai un bouquet de bleusailles pour embellir notre swingolution

 

 

Il y a d’l’amour dans l’subversif

La vraie passion est politisée

Ceux qui en jactent omettant les révoltés

Ont dans la bouche un macchabé

Les barricades comme nid d’amour

Les uniformes seront affables

J’irais dépaver des palaces

Pour que les bleus restent de marbre

 

« Oui M. l’agent ? En garde à vue ?

Tu vois pas qu’j’suis occupé, Alors bouge ta race et oublie pas d’aller d’faire… »

 

Encastré, entre tonfas et boucliers

Nous effleurons ces beaux hommes casqués

Forces de l’ordre ou gardiens de la paix

A quand les kamikazes de la fraternité ?

Sur le ram dam, joue du talon

Jusqu’à broyer de la coquée

Susurre-moi l’insurrection

Murmure-moi ce ravage ravacholé

 

 

Ref :

Mi Louise, Michel,

Je suis groggy devant sa prestance comme un communard en action

Oh ma belle, oh ma mie

J’t’offrirai un bouquet de bleusailles pour embellir notre swingolution

 

 

Je me faufile sereinement sous les bandanas fumants,

Pour faire fondre ces fausses infos dont vous êtes follement friands

Ceux que vous appelez déviants ou barbares violents criards

Sont les Homo Sacer face aux cerbères qui saignent les foulards

« Mais que nos vies valent-elles ? » Que dal !

Pensez-vous qu’ils en ont à battre des états d’âmes des automates

Génération jetable à l’avenir déjà crashé

Marginal ou précaire, qu’une question d’longueur de cordée

Assez d’être yeux écarquillés,

Devant les écarts qu’il y a

Ça cesse d’être éparpillé

S’rendre visible quitte à s’griller

Dévitalisation, déjà un pied dans le tombeau social,

Valser avec les balles ne ferait qu’en faire rougir la dalle

Alors sous les cagoules ne se cachent pas des salopards flicards

Mais les humiliés, révoltés, ayant trouvé commun étendard

Ils se risquent à l’ultime assaut

Flairant la mort ou l’cachot

Brulot au fond des nasaux

Libérés des rôles vassaux

Ils changeront l’scénar sans passer par les doléances

Grenades contre lances pierres, mais dis-moi : où est la violence ?

(Alors si je me perds, je m’abime à frôler tes lèvres

C’est pour embraser la pulpe, le grain de ces doux rêves)

 

 

Ref :

Mi Louise, Michel,

Je suis groggy devant sa prestance comme un communard en action

Oh ma belle, oh ma mie

J’t’offrirai un bouquet de bleusailles pour embellir notre swingolution

(x2)

 

 

(Outro :

Adieu ma belle, les serflex furent plus vifs que mes reflexes, ça me peine

Je sais pourtant que l’heure n’est pas encore aux chrysanthèmes

Mais au nouveau printemps, temps des cerises et ses senteurs sucrées

Et quitte à jeter des fleurs, celle-là est pour la floraison d’l’humanité)

 

 

 

Bienvenue

 

Bienvenue dans ma contrée, où ce n’est pas un contre un,

Si tu veux nous rencontrer, il suffira qu’on trinque,

Notre égo on l’a troqué, un soir on était contraints,

Et dans la pomme on a croqué, pour éviter les contraintes.

 

La course au temps, surtout la course aux tunes,

Les gens courent tout le temps, et selon le cours se tue,

Moi je course Satan, et sa politique de pute,

Fais tes courses attends, tu trouveras p’tetre un rayon putes.

 

Car aujourd’hui tout se consomme, désormais les cons se somme,

En somme ils nous consument et moi ça me fout le seum,

J’enchaîne les consonnes, quelques vers et sonnets,

Encore un con qui sonne, putain est-ce que je l’ai sonné.

 

Et au milieu de tout ça, difficile de trouver sa place,

Perdu à milles lieux de là, errant comme un pelo sans blaz,

Quand certains crèvent sous les ponts à coup de vodka,

Certains croulent sous le pognon puis à coup de coke craquent.

 

Ref :

Plutôt qu’gober ton prozac

Ajuster nos costards

On préfère claquer d’l’énarque

Aller courir sur les remparts

 

Bienvenue dans mon terroir où règne la terreur,

Où ton échine scoliosée enfante tes erreurs.

On te donne la tétée depuis qu’t’es un têtard

Pour qu’tu chérisses l’isoloir et tienne le bas du trottoir.

 

Tous disent t’aider sans t’annoncer qu’t’es d’dans.

Ils scrutent ton CV pour voir la qualité d’tes dents.

Esclavage salarial, enclave acceptée,

La servitude volontaire est ton taf à plein temps.

 

Pléthore de dédain quand ils resserrent leurs étaux,

Et leur idéal déteint quand s’éteignent nos mots.

Cesse de siffler tes rasades de fatalité !

Ressors ta niaque du fond de ton vieux placard miteux !

 

Car tu trimes vouté, satures envouté

Dévoile tes yeux vitreux, le précieux n’est que piteux

On a d’la scie et des tenailles et autres matos douteux

Equipés pour faire sauter ces chaînes qui n’feront pas long feu !

 

Ref :

Plutôt qu’gober ton prozac

Ajuster nos costards

On préfère claquer d’l’énarque

Aller courir sur les remparts

 

De quel côté marcher, j’ai trouvé mon versant,

C’est au son de l’archer que je pose mes vers sans

Insolence dans mes versets, ma démence je l’ai déversé,

En silence j’ai su faire sans, la violence des aversions.

 

Laisse parler la vertu, oublie tous tes vices,

Regarde comme tu es vêtu, n’y vois-tu pas un artifice,

La connerie mieux vaut l’avorter, avant les préjudices,

Une sonnerie pour alerter, les valeurs de Candice.

 

Armée de patience, comme ils sont armés de haine,

Nos rimes sont sciences et combattantes de la peine,

Trop d’insouciance, du coup des cœurs manquent à l’appel,

L’arborescence, de nos ébats est une rengaine.

 

Alors je prends le micro, c’est ainsi que je m’instruis,

A la pointe du stylo, que l’instru me construit,

Je méprends mon égo, pour défendre les altruistes,

N’entend aucun écho, et c’est bien ça qui m’attriste.

 

 

 

Drum’n’musette

 

Tout s’paye, régalons les, galeux à vos galets (x4)

 

Hey p’tite tête, c’est l’heure d’se faire vacciner,

Une piqure de rappel pour ne pas oublier

Que le pire des virus repointe le bout d’son nez,

Pandémie totale, il squatte même la télé.

 

Interview de raslar au journal en duplex,

Idées sales voulant tout repeindre au tipex,

Innocents attaqués à coups de triplex,

Nationalisme c’est l’retour au silex.

 

Il est temps d’se lever, d’se révolter dar-dar,

Qu’on djerte les fachos, que vive un monde de bâtards !

Ya du ménage à faire, certains ont des avatars,

Car les chemises brunes s’cachent sous les costards.

 

Chasse aux sans-papiers, forum sur l’islamisation,

D’une certaine occupation, ya des putrides émanations.

Organiser à Vichy l’sommet d’l’immigration,

C’est plus l’bruit des bottes c’est un claquement de talons !

 

Certains ont même des galons pour leur violence inégalée

Mais tout s’paye, régalons-les, galeux à vos galets !

Certains ont même des galons pour leur violence inégalée

Mais tout s’paye, régalons-les, galeux à vos galets !

 

 

Trouver sa vie, sa voix ça vient,

Je me savais savant savez

Vous que la vie ça va, ça vient,

Et que les aveux se savourent.

 

Les vieux savent souvent qu’avant,

La vie savourait les saveurs,

Mais ces vieux souvenirs d’antan,

Ne font que les rendre plus sourd,

 

Certains n’attendant d’autres temps,

Trouvent souvent plus important,

De condamner les importuns,

Plutôt que de serrer les dents.

 

Alors s’étend le temps qui tend,

A faire s’ignorer les passants,

Etant devenu un passe-temps,

De faire marcher les gens qui courent.

 

 

Mais je passe et dépasse toute cette foule, toute cette masse

Qui refoule ses envies et se voue à la survie.

Moi je m’en fous je me casse avant que je n’trépasse.

Ici j’étouffe quoiqu’je fasse, je suffoque sous cette crasse !

 

Si ce présent dégueulasse est l’apogée d’l’humanité

Alors blindé d’animosité, j’gonfle les rangs d’l’animalité.

Un danger, une menace, une liberté bien tenace

Qui cabosse avec panaches tous vos carrosses et vos palaces

 

Et votre grâce encrassée, offrez-la au brasier,

Car j’embrasse les braises pour enflammer mon phrasé.

Plutôt qu’le silence des pantins et les bovins grassouillets,

Je joins les meutes hurlantes et les carrioles bariolées !

 

 

Ils ont voulu pécher de l’électeur dans des tamises bleu haine,

Noyer ce peuple dans des histoires de crises, de terreurs.

Appelant aux représailles, la stratégie du choc

Utilisant la peur pour soumettre les cœurs.

 

Désignant un ennemi intérieur, plus de peur, plus de fureur

Pas facile de voir plus loin dans une pensée cloisonnée, isolée.

Les médias comme espace de visa

Feignant des conjonctures, qu’ils tranchent à coup de bien, de mal,

 

Désignant l’ennemi barbare et brutal,

Appelant à se fermer derrière des murs, des frontières

Alors que l’universalisme commence à briller de sa lumière

 

 

 

 

La Vieille au Cabas

 

Canicule ou neige grise mine,

Elle avance sans  fin dans sa routine

Les cheveux blancs et le visage tranché

Elle traine les pieds, la démarche usée

Elle tire ses souvenirs

Dans un cabas délavé

Dont les roues obsolètes

Ont depuis longtemps été jetées

Peu lui importe, elle continue à charrier son passé

Peu lui importe les étincelles et le bitume sciant l’acier

 

 

Ref :

Elle se fout des badauds qui se marrent

Elle emmerde les passants hilares

Elle tire son cabas de ses mains calleuses

En montrant son majeur à la faucheuse

 

 

Cabossée par les regards amusés

Elle se renfrogne derrière un regard braisé

Elle le sait qu’ils la voient sénile

Vieille folle acariâtre qui lentement s’effile

Ils s’adressent à elle comme à une enfant

Mais ce sont eux les gamins insolents.

Alors elle racle le béton avec son cabas

Elle griffe le présent par la lenteur de ses pas

Peu lui importe que le monde cavale

Peu lui importe les cris et les râles du métal

 

 

Ref :

Elle se fout des badauds qui se marrent

Elle emmerde les passants hilares

Elle tire son cabas de ses mains calleuses

En montrant son majeur à la faucheuse

 

 

Mais un jour, l’acier ne tient plus qu’à un fil

Elle arpente à l’aurore la silencieuse ville

Et dans un dernier élan, les yeux embrumés

Le cabas tombe sur le sol bétonné

Son passé se déverse lentement sur le trottoir

Et un doux vent balaye son histoire

Toutes ses babioles se dispersent dans la cité

Que les passants piétinent sous leurs pas pressés

Mais dans le brouhaha une gamine s’approche

Ramasse une photo terne qu’elle glisse dans sa poche

 

 

Ref 2 :

Elle salue les badauds qui passent

Elle sourit aux passants qui tracent

Elle sautille entre les tristes sirs

Et grimace face à l’avenir